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9 avril 2015

K.O.S.H.K.O.N.O.N.G

K.O.S.H.K.O.N.O.N.G  Numéro 6
(Eric Pesty éditeur, 2014)

Disponible ou sur commande dans toutes les bonnes librairies...


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Extraits :

Isabelle Sbrissa Les baisers de la fillette et de l'ortie

La fillette frappe l'ortie comme une nourriture contre la dalle cimentée. Toc. Elle contient de spacieux dortoirs. Ecoutant les substances métalliques, elle brûle à rythme régulier et avance les yeux dans l'eau. Au contact de sa peau, l'espèce s'éteint, l'autre amin déjà accrochée au manteau depuis longtemps. Tenant le parapluie fermement par le bout, sa mère l'iade à reconstituer les globules, pour que leurs racines s'installent, comme si elles voulianet se lier d'amitié avec l'homme. Mais les feuilles rouges recommandent l'anémie aux enfants, poussent les jeunes à la curée du conseil et à l'épuration des sangs.Le mal en croissance printanière avoisine des maisons.

(...)

La fillette Anémie est à l'écoute des sous-vivants. Elle dort, mais mal. Une terre cimentée frappe dans l'eau douce, contenant de nourritures, et la dalle d'épuration métallique brûle. Elle avance à espace régulier, comme une ortie, à la rencontre de l'autre espèce et le ploc-ploc du contact avec le parapluie s'allie à son rythme à elle. Alors qu'au manteau la mère passe longtemps la main sur les yeux, l'homme y accorche déjà son amitié. Leurs enfants ont pris les racines qui poussent pour s'installer comme des maisons-tas ; sur ces tanières, le conseil voisin emprunte, pour sortir du jeûne, le bout rouge des feuilles qui croissent.

...

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Jean-René Lassalle 4 poèmes carrés

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arquant corps
dessus dormant pénombré
pour estimer régularité ou irr- de son souffle
mémoire fluor cliquète demande fermer clapet après consultation
des valeurs moyennes non-inquiétantes, va : sur pont tram-eau
entreplongé de rêveries clarinement irrespondantes
concerné par la compréhension ou la danse
marche, arrive, jamais, appuyé, rivière
l'inutile vibratil cristallisne
grappillant signes des sémiosystèmes compose repose
décompose écore éclose déclose "une rose
est une rose" est
une rose multipétales de plans de pensée de physique
ou méta-, et voudrant disparaître réapparaît où nuages errent
sur chemin de montagne vers le désacralisé
cloître à fresque... chacun sa voûtée
cellule de pierre douce... semblait sans clef
une table une chaise un lit une fenêtre sur vapeur solaire
prête un léger ordinateur complexe, dormir à un
ou sans deux, articuler des son-sang-sens, aucuns
visages sinon auras à respecter, corps habillés
bougeant allongés ou se levant parlant

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C'est le numéro 6 de cette revue dirigée par Jean Daive, composée et imprimée avec grand soin (insistons : c'est vraiment une belle revue, heidelbergienne en diable) par Eric Pesty. 20 pages avec une solide brochette d'habitués (axe : Claude Royet-Journoud, Anne-Marie Albiach, Michèle Cohen-Halimi...) mais surtout pour cette livraison, 4 poèmes carrés pas carrés de Jean-René Lassalle (dont il faut au moins lire Poèmes, Carrés paru chez Grèges) et Les baisers de la fillette et de l'ortie de Isabelle Sbrissa.
Au fil de leurs parutions, les numéros offrent des belles découvertes et des textes passionnants (Lorine Niedecker, Werner Hamacher, Pauline Von Aesch, Robert Duncan, Andrea Zanzotto, Philippe Beck...) parmi d'autres un peu enflés, navigateurs en eaux très calmes, parfois d'une exigence inerte effectivement très au-delà de toutes les polémiques d'hier et d'aujourd'hui (et qui ne provoqueront pas même celles de demain). Bon, un peu chiants, disons-le. Mais ce n'est pas grave : pas de quoi se priver la curiosité et quelques irritations ni de se bouder l'intellect. Le site de la revue ici. Hop !