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17 avril 2015

Julien d'Abrigeon "Poèmes Tout Pourris"

Julien d'Abrigeon

POÈMES TOUT POURRIS

(Acrostiches riches en grès, lichens et ocres, 
de libre utilisation consentie pour les candidats éventuels
à l'usage des concours à la con de poésie de merde
et à destination de leurs vilains organisateurs)

(Licence libre)


Serrements d'automne 

Nuages imprécis, taches de grès
immobiles passeurs d'un ciel immaculé
qui jetaient, ténébreux, l'ombre sur la lumière,
un jour qui devient nuit, du sombre sur du clair.

Ocre comme la roche, la vigne éclate en plaine,
noire noix dans son brou, la nuit cache sa peine,
suave et brutal, le labour met à jour ce qui était en terre.

Le ru, orvet vif et rapide, se meut couleuvre
abreuvée par les pluies qui font et défont l’œuvre.
Rivières, ouvrez vos lits à ce serpent sincère.

Nuances imprécises, flammèches improbables
attisant le brasier, petites sœurs du Diable,
que ne brûlez-vous pas les blessures de naguère ?

Une enfant caresse le lichen d'un chêne centenaire.
Effleurant l'écorce, de sa main la peau se resserre,
une ride, et puis deux ; une tache et une autre
recouvrent l'épiderme, de fines peaux mortes.

Niquons l'arnaqueur

***

Esterelle

Esterel en neige que n'ai-je
ton sort si passager
moi, mont aux neiges éternelles

Otage de la glace
nuage qui m'agace
cet âge qui ne passe

Urne de cendres blanches
laminées par le vent
comme une oie, blanche, au vent

Esterel en larmes que l'arme
soleil, lame de sang
t'ayant rougi le front
darde, vers moi, ses rayons

Ecarlates
Lueurs

Attirantes chaleurs, femmes flammes
prenez le temps de gravir mon flanc
otage de la glace qui glace mon corsage

Esterel en pleurs que leurs
sueurs fondent en mon coeur
ignoré, immobile sous la roche figée

Esterel, es-tu Elle ?

Et mon cul c'est de la poésie

***

Ecureuil

Joli vendredi
En décembre

Te ravit

En te couvrant d'Ambre
Ne te retourne pas
Ce n'est que moi
Un petit écureuil
Levé de bonne heure
Encore tout engourdi

Tout engourdi
Ô Petit écureuil
Ignorant la vie

Et ignorant le froid
Tu vas chercher des noix

Tu engranges les noisettes
A l'orée de la forêt

Cours petit feu follet
Ô oui, cours !
Ne te retourne pas !
Cours
Eloigne toi de moi !
Petit Ecureuil malin 
Toi le plus mutin
Insolant petit fripon
Ô Petit feu follet
N'aies pas peur du froid

Mignonne boule rousse
Elégante flamme
Regarde devant toi
Devant toi ton logis
Îlot de paix
Que tu as construit
Usant tes petites pattes
Espoir d’un jour

Devant toi ton destin
Et ta vie folle au vent

Lapins, Etonnez-le
Alouettes, Embrassez-le

Petit Ecureuil
Ô mon feu follet
Etonne moi encor
Saute de branche en branche
Ignorant le danger
Et la mort.

 Je t'encule toi et ta conception merdique de la poésie

***


Si vous obtenez un prix grâce à une de ces choses, vous vous engagez à révéler l'acrostiche devant l'ensemble des organisateurs et jurés le jour même de la remise du prix, ainsi qu'à en informer l'auteur qui vous remercie.

Julien d'Abrigeon (1973) est poète d'extérieur, résolument vroom-vroum. Habitué au boxon, il est depuis 1998 élevé au rang de Grand Mac Ordonnateur des poésies qui tapinent ici, mais elles ne tapinent pas n'importe comment et surtout pas à n'importe quel prix, vous l'aurez compris. On peut le voir et l'entendre ici, et avoir un rapide aperçu de ses faits en papiers . Hop !